samedi 27 août 2011
La Marco Pantani par Sacha
dimanche 21 août 2011
La Marco Pantani 2011
| Fiche Technique | |
|---|---|
| Date | Dimanche 21 Août 2011 |
| Lieu | Les 2 Alpes (38) |
| Parcours | 164 km et 65 km |
| Dénivelé | 3700 m et 1800 m |
| Inscriptions | 32€ |
| Infos | www.les2alpes.com/fr/ete/evenements/marco-pantani-memorial-cycling-2011.html |
| Album Photo | - |
| Résultats | Voir classements ci-dessous |
Classement 164 km
Gé n. Dos ... Tem ps Cat Cl Cat Ecart 1er K m /h
1 66 CH RISTIAN CH ARRIERE 16 / G um efens / SU ISSE 05:08:53.70 D 1 00:00:00 29.33
2 6 N ICOLAS OU G IER 73 / M ACOT LA PLAG N E / FRA 05:10:53.31 D 2 00:02:00 29.14
3 105 JEROM E PH AN ON 38 / ST BAU DIL L E ET PIPET / FRA 05:14:03.77 D 3 00:05:10 28.84
4 129 N ICOLAS FRITSCH 05:15:05.35 D 4 00:06:12 28.75
5 134 DAV ID POLV ERON I 38 / V OREPPE / FRA 05:19:39.37 C 1 00:10:46 28.34
6 666 CH RISTIAN BO 05:22:43.34 D 5 00:13:50 28.07
7 110 K EN N Y N IJSSEN 20 / H AARL EM / H OL 05:22:46.50 C 2 00:13:53 28.06
8 297 IGOR ZAN OTTI 24 / GORN O / ITA 05:26:13.32 C 3 00:17:20 27.77
9 642 M ASSIM O M ON TAG N IN I 05:27:29.02 E 1 00:18:36 27.66
10 23 RODOLPH E LOU RD 38 / FON TAIN E / FRA 05:29:05.05 C 4 00:20:12 27.53
...
66 341 SACHA RIGAL 34 / lansargues / FRANCE 06:23:13.52 C 13 01:14:20 23.64
...
251 260 G IAN FRAN CO G RASSO 55 / CAM AIORE / ITA 09:55:01.00 G1 16 04:46:08 15.22
dimanche 7 août 2011
Ascension de l'Aigoual Di. 07 Août 2011
| 17ème Ascension de l'Aigoual de Valleraugue | |
|---|---|
|
| Montée chronométrée
|
| Date | Dimanche 7 Août 2011 |
| Lieu | Valleuraugue |
| Programme
| Départ groupé de Valleuraugue (357m d'altitude) à 9 heures 30.
Passage à l'Espérou vers 10h30 - 10h45. Arrivée à l'Aigoual : (1567m d'altitude) 28 km en montée groupée (course de côte) : Effort, plaisir puis repas offert à l'ombre des pommiers. Retour possible par itinéraire cyclo balisé de 50 kms (non chronométré). Record : Christophe Sabatier (SC Martigues ) : 1h00'43'' en 2003 |
| Inscriptions
| Attention, pas d'inscription le jour même!
Bulletin d'inscription ici Ou Vélo101 ici |
| Infos | www.veloaigoualviganais.com/rubrique/id_rl/11650-7-aout-17-ascension-de-l-aigoual |
| Album Photo | Prochainement |
| Résultats | voir classements ci-dessous |
Résultats 2011 (complet ici)
scratch Nom Prenom Club Catégorie clasmt/caté Temps moy
1 BALLESTER Cyrille EC ANDUZE Ma1_H 1 01:04:08 25,54
2 CARRIERE Simon VC MONT-AIGOUAL PAYS VIGANAISS en_H 1 01:04:25 25,43
3 MUNOZ Alexandre VELOROC CAVAILLON - LAPIERRE Ma1_H 2 01:05:20 25,07
4 CHAPEL Nicolas LUNEL BIKE Ma1_H 3 01:05:25 25,04
5 RANDON Philippe MONTAGNAC AC Ma2_H 1 01:06:23 24,67
6 BONNEFOI Armel MONTAGNAC AC Ma1_H 4 01:06:28 24,64
7 ANGLIVIEL Nicolas AC MONTAGNAC Ma 2_H 2 01:06:32 24,62
8 RIGAL Sacha GUIDON CYCLOSPORTIF PYRENEENS Esp_H 1 01:06:37 24,59
9 FABRE Camille SUD VELO "NE JETEZ PLUS !" Ma1_H 5 01:06:43 24,55
10 ESCALIER Clément EC ALES Esp_H 2 01:06:56 24,47
...
110 TABUSSE Laurence CC ARLESIEN Ma2_F 1 02:10:40 12,54
mardi 19 juillet 2011
Un expatrié qui revient dans ses chères Pyrénées
Trois jours après l’Etape du tour, me voici à Pau. Voulant profiter de la forme actuelle et rouler avec quelques copains, rendez-vous est pris avec Pascal et Olivier, les deux grimpeurs locaux du GCP pour se faire un petit circuit traditionnel : Départ d’Asson, Soulor par Ferrières, Aubisque et retour par Laruns et Louvie. J’aime beaucoup ce circuit car le Soulor de ce coté présente l’avantage d’être très beau, quasiment vierge de voitures, le petit bout d’Aubisque est sauvage et le retour vers Asson depuis Louvie est plutôt descendant. En tous cas cela nous permet d’éviter le train des camping cars qui viennent s’installer dans l’Aubisque côté Gourette à la veille du passage du tour de France.
Olive nous donne rendez-vous à l’église d’Asson à 8h, partant de Ousse à 7h10, je passe prendre Pascal à Bordères vers 7h40 et nous arrivons à l’heure au rdv. Petit matin frais et couvert, mais la météo n’a pas annoncé de pluie pour la journée. Néanmoins les manches sont de rigueur. A la sortie d’Asson, nous nous faisons doubler par un duo en noir et jaune qui roule à bon train. Pour le moment, nous restons sur notre rythme régulier et nous nous racontons nos cyclos récentes respectives. Enfin, surtout Pascal et moi car Olivier est plutôt dans une année sans. Le long faux plat vers Ferrières se passe tranquillement, agrémenté de quelques coups de cul bien connus de tous. A l’approche de Ferrières je me renseigne discrètement sur le meilleur temps d’ascension du Soulor d’Olive, qui est pour moi une référence en matière de grimpeur depuis que je suis au GCP. Mine de rien, j’aimerai bien accrocher son temps de référence, en profitant de la forme actuelle. Donc, son meilleur temps est de 53’34’’ dans cette ascension de 12km à 7,5% de moyenne. Pour ma part, le temps de référence de 58’50 dans cette montée date de deux ans, déjà lors d’une sortie GCP, mais j’étais loin de la forme actuelle.
Au passage du panneau à la sortie de Ferrières, je démarre donc avec l’idée de faire un temps. 1er virage, la pente est à 9% et le rythme est d’emblée très bon à 14-15 sur le 39x23. Olive ne suit pas, et Pascal semble décidé à rester avec lui. Au bout d’un km, un léger faux plat fait du bien car je suis parti bien vite, mais dans les pourcentages plus élevés qui suivent, j’arrive ainsi à conserver mon rythme après avoir récupéré. Je remonte et dépose plusieurs gars, dont le kway jaune qui nous avait dépassé tout à l’heure. Au km 4, le gars en noir qui l’accompagnait est en point de mire et je reviens sur lui inexorablement. Au km 5 je suis dans sa roue, le dépasse aussitôt et maintient un rythme élevé. A l’épingle suivante, je me retourne, il ne m’a pas suivi. J’aperçoit Olive et Pascal loin en contrebas. Et je poursuis mon effort. Heureusement, le temps couvert est un allié pour ce genre de montée. Comme dit Olive, c’est un temps à faire un record. Au km7, un petit coup de mou me fait faiblir, j’essaie de récupérer un peu, passe le 30 pour mouliner un peu plus tout en gardant un rythme à 12-13 dans la pente à 8-9%. Au km 8, ça va mieux, je remets le 39 sur la portion moins pentue à 3km du sommet. Je regarde le chrono, je suis dans les temps. A 2 km, une nouvelle portion à 9% fait très mal aux jambes, mais je m’arrache et finit en trombe sur le dernier km. Résultat : 51’30. Objectif atteint. Je redescend chercher les autres, Pascal n’est pas très loin et termine vite égalant son temps de 54’30. Je retrouve Olive qui termine à sa main loin de ses temps habituels et on finit l’ascension ensemble.
On ne traîne pas au sommet car la température est fraiche et le brouillard rend l’air humide et collant. La courte descente vers l’Aubisque est glaciale. Passage dans le tunnel, à l’ancienne, pas de lumière, dalles de béton au sol dont chaque joint nous fait tomber un plombage et trombes d’eau qui dégoulinent de la voute... la remontée vers l’Aubisque se fait dans le brouillard, mais l’effort nous réchauffe un peu. On fait l’ascension ensemble, au sommet, nous ne trainons pas non plus, il fait 8° ! Juste le temps de faire la photo traditionnelle à la borne.

Jusqu’à Louvie, un léger vent de face mais pas très gênant, nous faisons bonne route, entretenant un bon rythme au dessus de 35 en se relayant régulièrement. A Louvie, au pied de la côte, Olive fait mine d’attaquer mais je mets tout le monde d’accord avant l’épingle. C’est vraiment grisant d’être en canne, depuis que j’ai commencé le vélo avec le GCP ils me mettent des tickets dans toutes les côtes les deux poids coqs, alors c’est bon de prendre une petite revanche. Surtout que ce ne sera sûrement pas comme ça tous les ans !
La redescente vers Asson est sans histoire. Olive nous fait prendre un raccourci par Capbis qui, soi-disant ne fait que descendre, mais qui commence par deux bons kms de montée... nous menons cependant bon train jusqu’à Asson. Olive se fait un petit plaisir en nous surprenant au panneau d’Asson, il faut dire que j’ai perdu l’habitude de ses sprints au panneau qui ne se font pas dans les groupes à Alès. Nous laissons Olive, passons faire un bonjour à Papa et avec pascal nous rentrons sur Bordères. Là je me retrouve seul pour rentrer à Ousse sur 13 km. Les jambes sont désormais un peu lourde et comme la route est vraiment pourrie après Angaïs, ça fait mal aux fesses, après plus de 5h de selle.
Au final une belle sortie de 137 km, deux cols et 2200m de dénivelé à 25 de moyenne pour un peu plus de 5h30 de selle, et toujours de très bonnes jambes.
To be continued
@+
mercredi 13 juillet 2011
L'étape du tour 2011 Modane-L'Alpe d'Huez par Olivier B.
Petit déjeuner avalé, agrémenté du mélange fruits secs, amandes, noix de cajou qui est mon seul dopant (avec l'isostar dans le bidon et quelques gels de magnésium pour éviter les crampes), me voila sur le trottoir à terminer de m'habiller, à me chausser et vérifier la pression des pneus.

C'est un défilé continu d’une foule de cyclistes multicolores qui passe devant moi pour rejoindre la ligne de départ dans ce petit matin un peu frais. Les manches sont de rigueur, mais je ne prends que quelques feuilles de journal en guise de coupe vent, car normalement il doit faire beau, et chaud. Je me joins enfin au flot de cyclistes pédalant en cadence vers le centre-ville.


Petit arrêt à la tente café-biscuit, histoire d'emmagasiner quelques calories supplémentaires et un peu de caféine et je rejoins mon sas de départ, le numéro 5 qui concerne les dossards 3200 à 3700.
Il y a encore peu de monde, et j'arrive à me faufiler pas loin de la première ligne. A côté de moi un groupe de ch'tis qui parle fort, des italiens, des anglais...

Et un palois qui connaît le maillot du GCP !
On tape la discute un moment, c'est vrai qu'il y a du temps à tuer, il est à peine 6h20, le départ du 1er sas est prévu à 7h et le notre, au moins 20 minutes plus tard : cette année pour éviter les bouchons, le départ des sas est plus espacé. Donc, il faut tuer le temps. C'est là qu'on me tape sur l'épaule "comment va l'alésien ?" c'est Thibault, un gars d'Anduze que je croise régulièrement sur les cyclos.
L'an passé déjà on s'était retrouvé sur l'EDT, il m'avait dépassé dans le Soulor. Cette année, mais je ne le sais pas encore, c'est moi qui serai largement devant.
La sono de la course tente de nous faire patienter, aux fenêtres quelques mamies sans âge lorgnent avec avidité cette bande de mâles épilés et athlétiques. Enfin, le départ du 1er sas est donné. La tension monte un peu plus autour de moi. Pour ma part, l'objectif, fixé un peu au pif est de rentrer dans les 2000 et de faire autour de 5h. En fait je ne sais pas trop comment me situer sur ce parcours certes pas très long, mais avec quasiment la moitié de la distance en ascension, et pas des petits collets cévenols ! Cette année, pour des kilométrages presque identiques et avec des cols cévenols, je mettais aux alentours de 3h30, là je me dis, à la louche, en tenant compte de la longueur et de la difficulté des ascensions, que 5h ça doit être dans l'ordre du possible. Hormis le chrono et la place je me donne surtout comme objectif de ne pas avoir les petits regrets de l'an passé où j'étais resté sur la réserve tout le long et assez frais à l'arrivée. Là je pars avec l'idée de monter vite dès le pied du Télégraphe, quitte à coincer un peu plus tard dans le Galibier ou dans l'Alpe.
Enfin, c'est le tour de notre sas. Nous traversons Modane assez prudemment, puis dès la sortie, ça part très vite. Je prend la roue de Thibault que je sais très bon rouleur et nous remontons la file de cyclistes dans ces longs faux plats descendants qui nous mènent à Saint Michel de Maurienne, 15 km plus bas. Nous nous joignons à un groupe conséquent d'une trentaine de coureurs et le compteur s'affole : le rythme est très élevé entre 50 et 70 en fonction de la pente. Je reste concentré sur les petits pièges inhabituels qui jalonnent cette route qui nous est toute entière réservée : rond points, ilots directionnels, bandes blanches humides... Mais tout de suite je me sens rassuré, car les sensations sont très bonnes.
Saint-Michel de Maurienne, virage à gauche en ville, négocié prudemment au milieu d'une foule compacte qui assiste au défilé. Relance vive à la sortie, nous traversons la Maurienne, et nous sommes au pied du Télégraphe. Sur la droite un panneau que je connais depuis l'an dernier : Col du Télégraphe 12km, col du Galibier 34km ! De quoi refroidir l'ardeur des moins en forme de ce gigantesque peloton. Dès le pied, la pente se dresse à 9-10%. Je reste sur le 39x25 et je lâche irrémédiablement Thibault que je ne reverrai plus. Je me mets sur la file de gauche et je commence à doubler des paquets de cyclistes. Le rythme est bon, entre 13 et 14 sur cette pente qui oscille entre 7 et 10%, je me concentre pour bien prendre tous les virages à la corde malgré le monde, ce qui demande pas mal d'anticipation. Ce qui est étonnant c'est que malgré la route fermée, la plupart des coureurs reste sagement sur la file de droite, question d'habitude sans doute.

J'en profite largement dans les virages à gauche pour doubler tout le monde... Néanmoins , tout en gardant le même rythme je tombe le plateau de 30 pour pédaler moins en force et garder du jus pour la suite.
Rapidement je me joins à un duo qui monte au même rythme que moi : un toulousain et un auvergnat. Tous les trois nous ne faisons qu'une bouchée de ce Télégraphe
dont les 12km sont avalés en 50 minutes. Nous nous payons le luxe de discuter abondamment tout en remontant sans cesse la file des autres cyclistes. Dans le haut je fais quelques photos et films avec mon vieux portable tout en pédalant. Je me sens vraiment très bien. Au sommet, la vue sur la Maurienne est extraordinaire. Nous basculons tous les trois dans la courte (5km) descente vers Valloire qui constitue le pied du terrible Galibier. Je frôle le pire, quand dans un virage, que je passe à la corde à plus de 50, un autre gars passe entre moi et le bas-côté et manque de me toucher au passage.
Valloire, beaucoup de monde nous encourage, mais pas le temps d'en profiter, dès la sortie se dresse la 1ere rampe du long (17km) difficile (près de 8% de moyenne) et asphyxiant (2560m d'altitude) Galibier. la première rampe est très dure, du fait de la pente mais aussi car il n'est jamais facile d'attaquer une montée dès le bas de la descente. Mon compagnon toulousain s'arrête à un ravitaillement familial et je poursuis seul dans cette rampe rectiligne assez démoralisante. J'essaie de trouver un rythme régulier malgré tout. Mais cette partie est assez monotone, faite d'une longue rampe qui serpente à flanc de versant et dont on ne voit pas le bout. Le rythme est toujours bon, entre 12 et 13, mais désormais je mouline un peu plus en alternant 30x21 et 30X23 voulant quand même garder du jus pour la suite. Enfin on atteint le virage en épingle de Plan Lachat qui marque la 2e moitié de l'ascension.
La pente se redresse en plusieurs lacets qui nous font gagner rapidement de l'altitude et dépasser les 2000m. Dès le pied de cet enchaînement de lacets, les sensations sont de nouveau très bonnes et je reste sur le même rythme dans cette pente assez régulière à 9-10%. Le paysage se fait plus minéral, plus sauvage et la vue sur la vallée et les lacets en contrebas est magnifique. Nous longeons un pierrier dans lequel les marmottes s'en donnent à coeur joie pour nous accompagner de leurs cris stridents. De nouveau, je me mets à remonter pas mal de monde et je me grise un peu de cette impression de facilité. Je filme un peu mon ascension, je tape un brin de causette avec un irlandais tout blanc mais qui monte aussi très vite, et je double une ribambelle de vélos de très haut de gamme, dont un gars sur un cervelo S3 personnalisé aux couleurs du champion du monde (voila la modestie !) équipé en DI2, de potence, cintre, pédalier carbone et roues lightweight. Bref, du bon vélo à 8000 ou 90000 euros... C'est avec un petit sourire en coin que je le dépose facilement.
En haut de cette partie de lacets, le sommet est désormais visible, mais il reste encore 6km à gravir. J'ai un petit coup de mou passager, une petite lassitude après déjà près de 20km d'ascension cumulée,

mais je ne panique pas, ce genre de passage à vide arrive dans toutes les ascensions. En rugby, on appelle ça gérer les temps faibles. A 3km du sommet, je me suis refait la cerise en moulinant un peu plus et en avalant un gel sucré. Le paysage est grandiose, tout le charme de la haute montagne pour ce col culminant à plus de 2500m d'altitude. Les derniers lacets et le dernier kilomètre sont très durs, mais je profite de la présence des photographes et des caméras pour relancer l'allure et je franchis le sommet encore frais et après seulement 1h20 pour 17km et 1100m de dénivelé. Je m'arrête tout de même au sommet, pas pour faire la photo devant le panneau (déjà fait l'an dernier), mais pour me restaurer un peu et enfiler manchettes et journal en prévision d'une descente rapide et fraîche.
Les premiers lacets sont très serrés et malgré la route refaite à neuf (merci le passage du tour de France !), j'attaque cette longue descente piano, piano.

D'ailleurs, je m'arrête juste sous le col, au niveau du tunnel pour faire le plein d'eau car je suis à sec. Et c'est reparti. La suite de la descente est plus roulante malgré une route plus sautillante et je lâche tout.

De nouveau je double des descendeurs sur les freins par paquets, le compteur affiche entre 60 et 70 et je me régale à attaquer les virages à la corde, à soigner les trajectoires.
Bref je prends confiance. Ceci dit je n'arrive pas à comprendre comment les pros font pour dévaler ces cols à plus de 90... je trouve que 70 ça va déjà très, très vite.
Le passage au col du Lautaret est ultra rapide, il y a foule qui nous encourage et ça galvanise. Désormais, la descente est moins pentue, nécessite plus de pédaler, mais la route est large, parfaitement surfacée, un vrai billard. De nouveau, le compteur s'affole et je me régale à plus de 70 en position de recherche de vitesse, couché sur le guidon, les coudes bien rentrés et tête baissée. Heureusement, par rapport à mon passage ici l'an dernier il n'y a pas de vent.
Le passage dans le tunnel de la Grave est impressionnant : drôle d'impression de rentrer à 60 à l'heure dans ce trou sombre et de pédaler en distinguant à peine la chaussée et le gars qui est 20m devant moi... A la sortie de La Grave, je ne m'arrête pas au ravito, je m'arrêterai à Bourg d'Oisans, mais il me faut relancer et pédaler fort pour rejoindre un groupe qui est 200m devant moi, car j’ai distancé tous ceux qui étaient avec moi dans le haut. C'est là que je ressens ma 1ere (et seule) alerte crampe dans la cuisse gauche. Rien de grave, mais je suis obligé de couper mon effort et je vois s'éloigner ce groupe dans lequel j'aurai pu faire un peu de patinette dans l'optique de la montée de l'Alpe.
En attendant, je mets le plus gros braquet possible pour mouliner le moins possible, je bois abondamment et j'essaie de maintenir le rythme le plus élevé possible sans que la crampe ne revienne. Je me retourne et je vois arriver deux types qui descendent vite. Je prends le train au passage, et après avoir fait un peu de patinette derrière eux, je participe aux relais. Plus de crampe et on revient très vite sur le groupe de devant juste avant d'atteindre le fond du lac du Chambon. Il fait désormais assez chaud et le groupe roule sans excès. Il est vrai que si l'arrivée est à Moins de 40km, il faut encore monter l'Alpe d'Huez. Dans un des tunnels en bordure du lac, des gendarmes préviennent à l'entrée qu'il faut enlever les lunettes. Effectivement on n'y voit rien du tout, même sans lunettes, on ne voit même pas où on met les roues. Au milieu des "hop, hop, hop" signalent qu'il faut freiner. Je bloque ma roue arrière sur la chaussée humide et manque de rentrer dans le gars qui est devant moi. A la sortie du tunnel, deux gars sont allongés sur le bas côté avec une ambulance et des gendarmes. C'est peut-être là que plus tard la course sera neutralisée pendant 20 minutes à cause d'un accident...
Nous franchissons le barrage du Chambon, nous passons à côté de la route qui monte aux Deux Alpes et nous attaquons le dernier morceau de la descente vers Bourg d'Oisans.... qui commence par un dernier coup de cul d'un peu plus d'1km bien casse pattes. Enfin, nous sommes dans la vallée, pour la seule partie plane de la cyclo, environ 5km d'une longue ligne droite qui mène à la sortie de Bourg d'Oisans et au pied de l'Alpe. Le rythme n'est pas très élevé dans le groupe, on sent que tout le monde appréhende la mythique montée et ces 21 virages. Cette fois je m'arrête au ravito de Bourg d'Oisans, c'est agréable car il n'y a personne. Je refais le plein d'eau, qqs biscuits salés, des quartiers d'orange et c'est reparti. Je n'aperçois pas mon père qui devait m'attendre là après avoir gagné Bourg d'Oisans en passant par le col de la Croix de fer. Je suis assez confiant sur ma progression car je pensais passer là entre 11H20 et midi et il est 11h30 quand j'attaque l'ascension.
C'est donc reparti pour ce dernier round, et quel dernier round ! La prestigieuse grimpée de l'Alpe d'Huez, ces 14 km à 8% de moyenne pour 1145m de dénivelé et les fameuses 21 épingles qui sont autant de stations d'un long chemin de croix pour les moins entraînés ou les plus émoussés. Cette montée sèche qui se termine en cul de sac et qui ne sert à rien d'autre qu'à être escaladée, pour la gloire, pour un rendez-vous avec soi-même et avec l'histoire de la plus prestigieuse course cycliste du monde. Car cette montée à vu l'arrivée du tour de France à 25 reprises depuis 1976, elle a vu en 1986 Hinault et Lemond arriver au sommet main dans la main scellant la 1ere victoire dans le tour de l'américain et privant le breton d’une historique 6e victoire. Cette montée qui est celle de "l'elefantino" Marco Pantani, grimpeur fantasque et flamboyant des années 90, toujours détenteur du record de l'ascension en 37'55'' à près de 24km/h de moyenne !
La première rampe est très dure, à plus de 10%, galvanisé par le ravitaillement et par l'envie d'en découdre avec cette ascension, j'attaque assez fort et double une file ininterrompue de cyclistes à l'agonie. Virage 21, comme promis un léger replat mais qui ne permet pas de récupérer. Au contraire, la vision de la pente qui se cabre dès la sortie de l'épingle est à chaque épingle un drôle de coup au moral pour le cycliste émoussé. Les virages se succèdent, 20, 19, 18, 17, je continue à bien progresser dans ces pentes sévères à 10-11 de moyenne en alternant phases assises sur 30x25 et phases en danseuse avec 2 dents de moins. Mais le souffle devient plus court, la chaleur est plus présente et les jambes tournent de moins en moins bien. A chaque sortie d'épingle il faut s'arracher pour se remettre dans l'allure et repartir au combat dans cette pente qui ne veut pas faiblir. Le compteur affiche sans cesse entre 9 et 11%.
Virage 14, désormais la fatigue est là. Un signe : alors que jusque là je doublais sans cesse, je commence à remonter de moins en moins la file et au contraire, je commence à me faire doubler. La chaleur est bien là désormais : la preuve, chaque coin d’ombre est un hâvre dans lequel chacun essaye de chercher un peu de fraîcheur. Il y a beaucoup de monde au bord de la route, certains nous tendent de l'eau, des gamins tendent les mains pour qu’on y tape dedans. Au hameau du Ribot on se fait arroser par les locaux qui ont sorti des tuyaux. Ca fait du bien, mais la pente est toujours là, oppressante. J'ai désormais l'impression de ne plus avancer, comme si les roues collaient à la route.

Mon rythme s'est effondré : 10, 9, 8km/h. Il me tarde d'être en haut, mais j'ai la sensation de ne pas avancer et que le décompte des virages est stoppé. Il y a de plus en plus de gars qui sont arrêtés ou qui marchent à côté de leur vélo. Pour moi, pas question de mettre pied à terre, je m'accroche, serre les dents, ouvre grand la bouche à la recherche d’un peu plus d’air dans cette montée désormais étouffante. Je me perds même dans le décompte des km restant avant l’arrivée. Croyant arriver au km 6, je suis au 4...
j’ai du rater deux panneaux. Ah, ça le manque de lucidité sur un vélo c’est énorme.

En tous cas l’arrivée se rapproche, mais mon compteur affiche toujours 9%, je me dis qu’il doit être en panne, mais non, je n’avance toujours pas mieux et j’attends impatiemment que la pente se radoucisse à l’entrée de la station comme tous les descriptifs de la montée le promettent... Mais toujours pas d’accalmie.
Virage 3, je m’arrache, virage 2, chaleur étouffante, virage 1, la pente est toujours là. Nous sommes désormais dans la station. Plus que 2km, la pente est toujours à 8% mais le moral est revenu alors que j’aperçois le sommet de la dernière rampe. Je remets le 39 dents et je sprinte. Haut de la bosse, le replat promis est enfin là, juste le temps de souffler du sprint que je viens de faire, je tombe de nouveau quelques dents et j’accélère encore.
Virage à gauche sous un immeuble, la pente se redresse, je me mets en danseuse et j’accélère encore. Plus question de ralentir alors que la flamme rouge est là. Je double à nouveau des dizaines de gars à l’agonie.
Partie plane dans la station, je remet la plaque et accélère à fond, en tous cas j’y mets tout ce qu’il me reste. Rond point tout droit, je roule à 45 et désormais la route est entourée de barrière, mais il me faut slalomer entre les gars au ralenti. Au fond j’aperçois le fameux virage à gauche qui emmène vers la rampe finale, virage dans lequel, un coureur dont j’ai oublié le nom était allé tout droit alors qu’il disputait la victoire dans un petit groupe. Je descend encore une dent et relance dès la sortie de virage. L’arrivée est là, à 200m. Les cuisses brûlent, je me rassois, remonte deux dents et me relève. 150m, mains sur les cocottes, je sprinte à fond, 100m, je déborde encore un paquet de gars, 50m, toujours à fond. Enfin la ligne est là. J’en ai terminé avec cette terrible ascension.
On nous donne un bon pour le repas et la médaille souvenir. Je redescend un peu, téléphone à mon père qui attend à Bourg d’Oisans, lui dit que je vais pouvoir redescendre par la route et que tout va bien. Je retrouve Sacha que je ne connaissais pas encore. On se raconte notre course. Visiblement il a bien marché quoi qu’il en dise, et il fait aux alentours de la 500e place. Peut-être qu’avec un autre choix de roues.... ?
N’ayant pas faim, je redescend sans traîner, je prends juste le temps de faire le plein d’eau, car il fait désormais très chaud.
La descente est impressionnante, non pas par la vitesse, car ça se fait sur les freins, mais par la masse de cyclistes que nous croisons. Un défilé compact et ininterrompue sur 14km. J’ose à peine dire qu’à ce moment j’éprouve un petit plaisir sadique de voir tout ces gars en chier terriblement, alors que j’étais à peu près dans le même état peu de temps auparavant. Mais cette montée à quelque chose d’un révélateur de l’état de forme de chacun. Vraiment, on ne peut pas y tricher. Il faut donc faire très attention dans cette descente et je m’arrête plusieurs fois pour laisser passer des types qui zigzaguent, l’oeil dans le vague et le souffle court. Dans le bas, je repasse devant le ravito où je m’étais arrêté 2h plus tôt. Il y a un monde fou, une cohue indescriptible. C’est aussi ça l’avantage d’être devant... Je retrouve papa, on ne traîne pas trop pour éviter les bouchons et pour faire la route vers Béziers où je dois retrouver Margaux et Justine. Je téléphone à Margaux pour lui annoncer que je ne connais pas encore mon classement mais que je ne dois pas être loin d’avoir gagné mon pari barbecue, fixé à la 1800e place.
Le soir, je découvre le classement avec bonheur. Je fais 1330 au scratch (en prenant en compte l’horaire de départ du 1er coureur) et 1166 au temps réel, en 5h13 à la moyenne de 21km/h. Pas terrible comme moyenne, mais avec 50km d’ascension sur 109km au total, c’est quand même correct. Grosse satisfaction donc, car je mesure ainsi les progrès accomplis depuis l’an passé et pour ma 3e vraie saison de cyclisme.
Sur un plan personnel, cette année l’épreuve était moins émouvante que l’an passé. C’est comme pour tout, les premières fois ont toujours une saveur particulière. Mais maintenant le plus dur est peut-être devant : après avoir atteint un bon niveau de performance, il va être plus difficile de progresser et même de se maintenir à ce niveau. Mais ceci est une autre histoire.
Petit regret malgré tout, de ne pas avoir embarqué avec moi d’autres membres du GCP dans cette aventure. L’an prochain dans les Pyrénées les gars ?
Olivier B.
mardi 12 juillet 2011
Etape du tour : J-1
Comme le wi-fi ne marchait que très épisodiquement, je n'ai pas pu poster mon article la veille du départ. En attendant d'avoir le récit du jour J...
Aujourd’hui, montée à Valfréjus, station de ski au dessus de Modane, où se tenait le village d’accueil et où l’on retirait les dossards. Accès en bus car la route est fermée. Dans le bus on entend surtout parler anglais, et c’est un défilé de jambes épilées, maillots moulants et lunettes fluos. arrivée au village, le retrait des dossards se fait tout au bout, il faut donc traverser tout le village des marchands du temples : vélos, lunettes, casques, maillots, produits énergétiques en tous genres... Toute la station est à l’heure de l’événement et tous les restaurateurs proposent des menus étape du tour : poulet-pâtes.
Beau soleil mais le vent se lève dans la journée, en revanche les orages annoncées n’arrivent pas. Redescente en bus par le même chemin, retour à l’hôtel. Je vais rouler une petite heure, le temps de faire 25km autour de Modane à un rythme de sénateur et surtout de se dégourdir les jambes après deux jours plutôt statiques. Douche et comatage devant le tour : Issoire-St Flour qui sera l’acte 2 de l’étape du tour dans 6 jours.
Je me dis que celle là n’était vraiment pas faite pour moi avec cette succession ininterrompue de cols et de côtes sur un parcours ultra casse pattes. Je préfère encore en chier une bonne fois dans un grand col et avoir une franche descente après. Super content de voir Voeckler de nouveau en jaune et vraiment effrayé par l’énorme gamelle de Flecha et qui se sont fait mettre dehors par une voiture suiveuse. On se demande même comment ils peuvent encore pédaler après une telle chute. Sans parler de la chute du peloton avec Vino qui est remonté du ravin par ses coéquipiers, rappelant un certain Hinault sorti d’un autre ravin par Cyrille Guimard (en 1979 ?)
Bref, il ne me reste plus qu’à essayer de dormir tôt avant de se réveiller vers 5h et de rejoindre mon sas vers 6h. Départ à 7h pour le 1er sas, le mien vers 7h20 et le dernier 8h... ça en fait du monde 10 000 cyclistes ! Après, il n’y aura plus qu’à pédaler et avaler les plus de 3000m de dénivelé en 109km pour 50km d’ascensions. Mais c’est une autre histoire.
@+
lundi 11 juillet 2011
Résultats Etape du Tour 2011
Class. réel Class. Catégorie Dossard Nom Prénom Catégorie Temps de montée Temps réel
518 103 2483 RIGAL Sacha A (Homme 1982-1993) 01:15:30 04:49:15
1166 421 3391 BOURDA Olivier C (Homme 1962-1971) 01:20:06 05:13:45
Tous les résultats ici
Prochainement les vidéos et photos officielles
Acte I: tout le GCP soutient Bouba et Sacha
Car demain est le jour J : la 19ème édition de l'étape du Tour
Sacha dossard n°2483 sera dans le sas 4.
Et Bouba dossard 3391 sera dans le sas 5
7h du matin, les quelques 9000 beep beep beep beep retentiront sur la ligne de départ.
Bonne EDT 2011!
Allez le GCP!!!!
